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J’ai toujours vécu la cuisine comme une expérience sociale: on cuisine pour les autres, pour les siens et pour soi, et on s’enrichit mutuellement des moments de vie ainsi créés. Et ce qui est vrai chez soi l’est encore davantage lorsque l’on traverse le monde, avec dans ses bagages son héritage culinaire. Et de ce point de vue, avec ce sang Lao, ce sang vietnamien, cette éducation en France, j’étais plutôt bien pourvu pour cette expérience. J’aime manger, découvrir et partager d’autres goûts, et l’objet de ce blog est de poursuivre ce partage.  

mercredi 22 juillet 2009

Bo Nung Yam

Carpaccio vietnamien





Ce plat dont je ne connais pas l'origine, est apparu dans la famille au cours des années, au gré des visites et des repas. Reste qu'il est impossible de dire de quelle région du Vietnam il provient. Il fait partie de ces plats familiaux que l'on ne trouve dans aucun restaurant, et qui alignés sur une belle tablée, composent un tableau de la cuisine Vietnamienne à mille lieux de ce que l'on trouve dans les restaurants.

La base de ce plat est une viande de boeuf rapidement ébouillantée au bouillon de boeuf. Le mélange des saveurs de la soupe, ainsi que celle des herbes qui accompagnent, en font un plat très léger, très printanier.

Ingrédients

pour le bouillon de Boeuf
  • un os à moëlle
  • 500 gr de plat de côtes sans os
  • un oignon découpé en quatre
  • deux étoiles de badiane
  • cinq tranches de gingembre
Pour le carpaccio
  • 250 gr de boeuf très tendre (aiguillette baronne, filet, rumsteak) émincé comme sur la photo
  • Une échalotte assez grosse, émincée en tranche assez épaisses
  • Une vingtaine de feuilles de Rau Ram (Polygonum comme dans le Bun Bo Hué)
  • Un citron jaune
  • Une cas de vinaigre de vin
Préparation
  1. Faire bouillir dans une marmite un litre d'eau
  2. Lorsque l'eau bout, baisser le feu et ajouter l'os à moëlle et les plats de côtes débités en gros morceaux.
  3. Ecumer au fur et à mesure de l'apparition de mousse. Lorsque le bouillon s'est stabilisé (une bonne demi-heure) ajouter la badiane, l'oignon et le gingembre. Ajouter trois cas de Nuoc Mam. Saler et poivrer. Laisser bouillir pendant deux heures.
  4. Prendre une assiette plate, et disposer dessus le boeuf émincé. Saler et poivrer (au moulin, please)
  5. J'ai introduit récemment une variante dont je suis très content : je découpe également les morceaux de plat de côtes que j'ajoute dans l'assiette. Le fondant des plat de côtes et la fraîcheur du bœuf forment un mélange assez étonnant qui rappelle le Pho.
  6. Parsemer des tronçons d'échalotte et des feuilles de Rau Ram grossièrement hachées)
  7. Juste avant passer à table, presser un demi citron uniformément sur l'assiette, ainsi que la cas de vinaigre.
  8. Verser deux bonnes louches de bouillon (sans la badiane ni le gingembre) sur l'assiette, incliner l'assiette pour en enlever une (louche), passer encore quelques tours de moulin à poivre et servir immédiatement.
Ce plat se déguste avec du riz et d'autres plats. Hier, nous avons eu un heureux mariage de Salade de poulet de Hué, Salade de Jacquier sautée, soupe de boeuf et carpaccio de boeuf. Magnifique repas, dont je fourni aujourd'hui une des recettes.

Salade de poulet façon Hué - Ga Xe Phai



Cette salade de poulet est LA salade de Hué par excellence. Principalement parce qu'elle utilise à bon escient le fameux Polygonum, Rau Ram (prononcer Geao Geam ou Rao ram suivant la longitude) ou menthe vietnamienne (mais qui n'a rien à voir avec de la menthe). Très simple à préparer, très printanière aussi, elle fait partie de ces incontournables de la cuisine de Hué.

J'ai goûté pas mal de variantes, y compris réalisée par des natifs de Hué, mais c'est à la recette héritée de ma mère que va ma préférence. Les variantes sont uniquement sur la façon de découper le poulet, et l'humidité plus ou moins importante du plat.


Voici comment le préparer.

Ingrédients
  • 2 cuisses de poulet jaune fermier (important !!!)
  • 1 tasse de Rau Ram. Détacher les feuilles des branches, et si le Rau Ram n'est pas de toute dernière fraîcheur, il suffit de mettre les feuilles à tremper dans un bol d'eau froide avec des glaçons. Les feuilles doivent rester croquantes.
  • 1 citron jaune
  • 1 gros oignon jaune émincé ni trop fin, ni trop gros
  • Nuoc mam, sel et poivre

Préparation
  1. Placer les cuisses de poulet entières dans une casserole et les recouvrir d'eau. Porter à ébullition et laisser cuire à feu moyen jusqu'à ce que le viande soit bien cuite (pas de couleur rosée dans le creux de la cuisse). A priori, cela doit prendre une demi-heure tout au plus. Conserver le bouillon de cuisson pour faire un canh (bouillon qui accompagne tous les repas au vietnam).
  2. Une fois que le poulet est cuit, le décortiquer à la main (éviter d'utiliser un couteau qui ne respecterait pas la structure de la chair). Les morceaux doivent tous être d'une longueur inférieure à 5 cm, et larges au maximum de 1 cm.
  3. Ajouter alors 4 cas (cuillerées à soupe) de Nuoc Mam, et presser la moitié du citron.
  4. Ajouter les herbes grossièrement découpées mais en garder quelques une entières pour la garniture. Ajouter également les rondelles d'oignons.
  5. Ajouter enfin une petite louche de bouillon de cuisson
  6. Saler et poivrer (pas mal de poivre)
  7. Malaxer longuement la viande pour qu'elle s'imprègne bien des arômes des ingrédients.
  8. Servir rapidement avant que le citron ne brûle les feuilles de Rau ram.
  9. Ce plat se déguste avec du riz, se marie très bien avec la salade de jacquiers.
Une variante que j'avais goûté à Da Nang, consistait à servir ce plat avec très peu de bouillon, et très peu d'assaisonnement, et sorte que l'on goûtait davantage le poulet. Je m'étais laissé entraîné sur cette pente après mon voyage, mais quelques repas préparé par ma mère m'ont vite ramené dans le droit chemin.

Enfin, mon beau père lui, n'utilisait que le filet du poulet, et découpait la chair au couteau. du coup, on obtient une salade beaucoup plus sèche. Affaire de goût...

Enfin, en famille nous y laissions les os et les cartilages, et je garde un souvenir émus de ces chasses à l'os dans le plat familial, et quel délice que de chercher avec les dents les morceaux de chair à même l'os. Mais ma moitié trouve à présent que ça fait désordre, alors les os sont passés à la trappe.

Langoustines rôties à la citronnelle

Dimanche, 14 janvier 2007

Trouvé d'incroyables langoustines chez mon Poissonnier ce matin, et c'est si rare que je me suis laissé tenté. Les langoustines n'étaient pas très grosses, mais d'une fraîcheur évidente et les pinces d'une belle robe rouge vif. Donc, à 37 Euros le kilo, je m'en suis pris une bonne livre pour deux, et je les ai faites rôtir.

Je ne cuis jamais les langoustines dans de l'eau parceque la chair perd sa fermeté, et que mal égouttées, elles sont toujours pleines d'eau. La cuisson doit être très rapide sinon l'intérieur de ces crustacés tourne à la bouillie. En gros, dès que la chair est blanche, c'est cuit. Enfin, la fraîcheur est primordiale, et pour une matière aussi chère, mieux n'en achetez que lorsqu'elles sont très très fraîches, vivantes si possible.
Je n'ai pas de photos de ce plat, mais j'en ai récupéré une sur le Net qui illustre très bien ce à quoi cela doit ressembler
J'ai piqué la photo sur ce blog 

Ingrédients pour 2 personnes:

  • 500 gr de belles langoustines bien colorées et fermes. Dans le doute, mieux vaut s'abstenir, car la déception serait à la hauteur.
  • 2 cas (cuillère à soupe) de graines de coriandre
  • une tige de citronnelle
  • 5 cas de très bonne huile d'olive (Emile noël, ma préférée)
  • 1 citron jaune*
  • 4 cas de persil plat finement haché.
  • un peu de sauce Maggi, sel et poivre

Préparation et cuisson

  • Découper les langoustines en deux dans le sens de la longueur. Pour bien faire, un couteau court bien affuté pour percer la fine carapace du crustacé. Puis, finir la découpe avec un gros couteau lourd et long.
  • Mettre l'huile d'olive dans un bol, et ajouter les graines de coriandre pilées. Laisser reposer une demi-heure
  • Enlever les intestins dorsaux, nettoyer la poche sableuse sous la tête. On peut faire ça sous le robinet, mais veiller à bien égoutter les langoustines après nettoyage.
  • Disposer les langoustines sur une plaque allant au four et sur une feuille de papier aluminium, chair vers le haut.
  • Passer l'huile d'olive au travers d'une passoire fine, et émincer très finement la tige de citronnnelle
  • Faire chauffer doucement l'huile d'olive dans une casserole, et lorsqu'elle est chaude, ajouter la citronnelle émincée. Dès que la citronnelle commence à dorer, retirer du feu.
  • Avec un pinceau, enduire sur la face supérieure des langoustines de l'huile ainsi parfumée. Saler légérement les langoustines. placer les morceaux de citronnelle sur les langoustines.
  • Préchauffer le four thermostat 7/8 (240 ou 250°C). Lorsque le four est chaud, enfourner les langoustines pendant 2 ou 3 minutes, jusqu'à ce que la chair soit ferme mais pas trop. Le mieux est de ne pas fermer le four et de surveiller les langoustines. 
  • Sortir les langoustines et les disposer dans les assiettes. Les parsemer de persil plat émincé. Placer un demi citron au milieu
  • Repeindre les langoustines avec l'huile d'olive. Dans le reste d'huile d'olive, ajouter un peu de sauce Maggi, et émulsionner
  • Dans un coin de l'assiette, ajouter une trace d'huile de la "vinaigrette" décrite ci-dessus, et servir chaud.

mercredi 1 juillet 2009

Bun bo Hué - Soupe de vermicelles aux pieds de porc à la façon de Hué

Bun Bo Hué



Bon, voici à présent mon Master Piece à moi, cette recette qui mériterait un site à elle toute seule. 25 ans que je la pratique, que je la travaille et la confronte. Garantie authentique de chez authentique, elle m'a même valu une critique de mon beau-père lorsqu'il la goûta jadis : trop académique !!.

Bun Bo Hue - soupe de vermicelles au boeuf et aux pieds de cochon
Yahoo ayant soudainement arrêté son service de Yahoo_360 (ce qui n'est pas une grosse perte) et les procédures de récupération n'étant pas au point, j'ai du aller chercher sur le Net des traces de chacune de mes recettes. Et je fus bien surpris de voir que ma recette avait été reprise dans de nombreux blogs, y compris en vietnamien! Quelle consécration. Et donc, afin que le Net ne soit pas orphelin à cause de Yahoo, je la restitue ci-dessous.

Bon Bo Hue bouillon
Plat mythique de la ville de Hué (dont mon père est originaire), qui a pour particularité de mélanger le boeuf et le porc. Je la pratique depuis 20 ans, et ma recette a beaucoup changé au fil de mes rencontres et voyages. La dernière rencontre en date, c'est mon beau-père, fin cuistot et natif de Hué qui m'a largement ramené vers ces racines oubliées. Donc, voici la recette pour une 10 bols de soupe. Recette du Bún Bò Huế (notez les accents)

Ingrédients

  • 2 pieds de porc (demandez à votre boucher les "pieds avant" car moins ceux-ci sont plus fins) coupés en 6 morceaux
  • 500 grammes de jamboneau de porc
  • 1 Kg de plat de cotes sans os (de boeuf!!)
  • 8 tiges de citronnelle
  • 4 cas (cuillerées à soupe) de Mam Ruoc (pâte de crevette d'aspect violet et ayant la consistance d'une crême frâiche épaisse)
  • 4 ccf (cuillérées à café) d'épices Bun Bo Hue, que l'on trouve dans les boutique asiatiques. C'est principalement du piment, de l'ail et de graines d'annetto rouges). J'explique plus bas comment s'en passer, car elles ont été retirées du commerce.
  • 2 gousses d'ail
  • 4 gros oignons
  • 1 batônnet de cannelle (3 cm de long, et une seule épaisseur)
  • 4 échalottes
  • vermicelles de riz, frais ou séchés. Choisir des pâtes assez épaisses.
  • 2 tomates bien rouges

Pour le service

  • Feuilles de Rau Ram (prononcer Rao rham), polygonum de son petit nom
  • Eventuellement des fleurs de bananiers coupées en fines lamelles
  • Oignons blancs grossièrement émincés
  • Piment rouge
  • Citron vert

Préparation



Mise à jour du 12 décembre 09 :
Je souhaitais en savoir plus sur l'écume qui se forme dans les bouillons de viande, et j'ai trouvé sur le site de l'INRA, un texte extraordinaire sur l'évolution de la cuisson du pot au feu dans l'histoire. Très instructif, et, pour faire court, voici ce qui en ressort:
L'écume du bouillon vient de l'albumine des muscles. Lorsqu'on plonge la viande crue dans l'eau bouillante, l'albumine coagule instantanément à la surface de la viande, bloquant le processus d'échange entre la viande et le bouillon. Dès lors l'équation est simple : si on veut un bouillon savoureux, on démarre le bouillon à froid, avec une montée douce en température. Si l'on veut que la viande conserve son goût, alors on la plonge dans l'eau bouillante. Éclairant non ?
C'est pour cela que l'écume se dégage très peu quand on y va à gros bouillons. Conserver le feu très doux permet de prolonger l'échange, et conserver la clarté du bouillon.

J'en conclus que pour le Bun Bo Hué, mieux vaut démarrer la cuisson des pieds de porc et du jambonneau à l'eau froide.





Mise à jour du 1er décembre 10 :

Ma marmite frémit en ce moment même du bouillon de Bun bo Hué qui parfume la cuisine, et du coup, je me suis dit que j'allais revoir ma recette voir si je pouvais ajouter encore quelques détails et répondre aux questions contenues dans les commentaires.
A propos des graines, il s'agit de graine d'Annatto et pas anetto, également appelées Graines de rocouyer. Ce sont de jolies petites graines triangulaires qui apportent une belle coloration au bouillon. Rien à voir avec l'aneth, donc. On les trouve couramment chez Tang Frère ou Paris Store.

Pour la cuisson de la viande, je voulais préciser ceci :
La viande la plus adaptée, c'est la basse-côte ou les plats de côtes. Elles ont exactement le mix viande/gras requis pour cette soupe. Ce que je fais souvent, c'est qu'avant de faire mariner la viande, j'en extrait les morceaux les plus gras, et le moment venu, je les fais fondre dans une cocotte en fonte. J'utilise alors l'huile produite pour faire revenir et dorer les morceaux de viande. Le goût du gras de boeuf grillé fait merveille dans le bouillon.

Autre ajout plus récent, je mets désormais 6 graines de cardamone que j'ai auparavant pilées au mortier. J'ai récupéré cette astuce de la recette du Pho vidéo (que je publierai tantôt). Les graines de cardamone vous prennent le palais, l'engoudissent presque et amplifient très sensiblement la saveur du bouillon. Incroyable la puissance de l'effet.

Dernière précision, concernant l'ingrédient le plus important : "Le Mam Ruoc¨, la pâte de crevettes. Personnellement, j'importe le mien directement du marché Cho Banh Than à Saigon, mais je me doute que tout le monde ne peut pas en faire autant. On trouve maintenant du très bon Mắm ruốc chez Paris Store et Tang Frères.
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Il est sensiblement différent du Ka Pi Thaï, que l'on pourra utiliser à défaut. Le Ka Pi est cependant plus Thaï que Viet.



  • Découper les plat de côtes en morceaux de 5 mm d'épaisseur.
  • Ecraser les gousses d'ail,
  • Emincer les échalottes.
  • Emincer finement deux des branches de citronnelle
  • Placer le boeuf dans une jatte avec ces ingrédients, et ajouter deux cas d'huile d'arachide.
  • Saler, poivrer, ajouter deux cas de nuoc mam, et laisser mariner pendant deux heures.
  • Si vous voulez un bouillon pas trop gras, mettre les pieds de porc et jambonneau dans une marmite et les recouvrir d'eau. Les arranger pour avoir besoin du moins d'eau possible. Faire chauffer la marmite pendant 10 minutes à feu fort. Puis jeter cette première eau, et bien laver les pieds de porc et jambonneau. Reprendre alors le fil de la recette.
  • Faire bouillir 5 litres d'eau dans une grande marmite. Dès que l'eau bout, baisser le feu de façon à avoir une petite ébullition, et conserver ainsi sa clarté au bouillon. Y placer les pieds de porc ainsi que le jambonneau. Ajouter deux cas de gros sel et laisser cuire deux bonnes heures en écumant la mousse qui se créée au fur et à mesure.
  • Mettre deux cas d'huile d'arachide dans une cocotte en fonte. Lorsque l'huile est chaude, ajouter les deux ccf d'épices Bun Bo Hué, qui vont brunir en quelques secondes. Toujours à feu fort, ajouter alors la viande marinée. Remuer sans cesse, et lorsque la viande a bien colorée, ajouter les deux tomates coupées en huit. Continuer à remuer jusqu'à ce que les tomates aient complètement fondu dans la cocotte (une dizaine de minutes).
  • Mise à jour : Ce fameux mélange d'épices à Bun Bo Hué est introuvable depuis quelques mois dans les boutiques asiatiques. J'ai enfin eu l'explication: la boîte qui la fabriquait a perdu l'agrément sur ses produits, (que diable mettaient-ils dedans, j'en ai des frissons). Mais heureusement la parade est très simple. A la place, il suffit de prendre des graines rouges d'annetto, de faire chauffer 3 cas d'huile, et d'ajouter lorsque l'huile est chaude 2 cas de graines d'annetto. Dès que l'huile a pris la coloration orangée typique de la soupe, jeter les graines et ajouter une gousse d'ail écrasée et une échalote émincée. Faire revenir rapidement, et verser le contenu de la poêle dans le bouillon
  • Mettre alors le contenu de la cocotte dans la grande marmite. Attention si vous voulez dégraisser le bouillon, il faut le faire avant cette phase là, car après, avec chaque cuillère de gras enlevée une partie de l'âme du bouillon partira.
  • Remettre trois louches de bouillons dans la cocotte, et ajouter le Mam ruoc. Remuer jusqu'à dissolution complète de la pâte. Réincorporer alors dans la marmite.
  • A présent, on finalise le bouillon : écraser au rouleau à pâtisserie les six branches de citronnelle et les découper en tronçons de 10 cm de long. Les mettre dans la marmite.
  • Couper les oignons en deux, et les faire brunir dans une poêle avec un peu d'huile en les retournant de temps en temps. Lorsque les oignons ont bien bruni, les ajouter au bouillon. Ces oignons donneront un goût légèrement sucré au bouillon
  • Ajouter alors le bâtonnet de cannelle, 10 cas de nuoc mam, saler et poivrer.
  • Laisser ainsi la marmite sur le feu, et non couverte pendant deux heures trente encore.
  • A l'issue de la cuisson, sortir le jambonneau et quand il a refroidi, le découper en lamelles. Sortir les morceaux de bœuf, et les pieds de porc. Les laisser s'égoutter.
  • Pendant ce temps, faire cuire les vermicelles de riz, et laver les herbes. Pour la cuisson des vermicelles, il faut faire bouillir de l'eau, y ajouter une cuillérée à soupe de gras du bouillon, y mettre des vermicelles, et dès la fin de la cuisson (compter 15 minutes pour des vermicelles séchés) les passer sous le robinet d'eau froide pour interrompre la cuisson, et les laisser égoutter. La cuisson doit être Al Dente.
  • Dans chaque bol, placer les vermicelles, la viande de bœuf, quelques tranches de jambonneau et un morceau de pied de porc. Puis verser le bouillon de façon à bien recouvrir la viande. Vider le bouillon du bol vers la marmite et recommencer, de façon à bien chauffer les viandes et les pâtes.
  • NB: Un petit truc : fermer la louche avec une écumoire lorsque vous puisez du bouillon, de façon à ne retenir dans la louche que le bouillon, et pas les morceaux de citronnelle (qui restent entre les dents...)
  • Ajouter dans le bol un peu d'oignons blanc, du Rau Ram, un morceau de citron vert, et passer un tour de poivrier. Servir immédiatement.

Et voilà la soupe mythique de Hué. Cette soupe est un peu lourde, et il m'arrive d'en faire une version allégée : par exemple, en jetant le premier bouillon, en supprimant le jambonneau, et dégraissant sans cesse le bouillon, en n'utilisant qu'un seul pied de porc. Mais bon, ça ne me ressemble pas, soyons généreux que diantre. Aussi curieux que cela puisse paraître, cette soupe s'accommode très bien d'un petit verre de rouge. Perso, j'utilise un vin tannique et puissant comme le Cahors. Pas besoin non plus de  prendre une  grande appellation. Le Saint Chinian pour l'été est pas mal aussi, on le servira un peu plus frais.

Voilà ma première recette publiée. J'ai ainsi 70 pages manuscrites de ces recettes, mais bon, on va y aller petit à petit. Quoiqu'il en soit, je peux déjà annoncer la couleur :
  • banh cuon (raviolis de porc et crevettes)
  • banh bot loc (raviolis de porc et crevettes au tapioca dans des feuilles de bananier)
  • Pho video (Et oui, pour les initiés, ce petit restaurant vietnamien de la rue gay lussac, à deux pas du journal "Le Monde". Le patron est décédé il y a 6 ans, mais il m'a laissé sa recette avant de partir. Donc soyez prêts pour une ADE (After Death Experience) car lorsque le fumet de cette divine soupe s'élève, gare à la nostalgie.
  • Banh Beo, crêpe de riz à la vapeur avec son coton de crevette. Une recette en provenance directe de ma grand mère aujourd'hui disparue, mais qui ,elle aussi a laissé un petit cahier très précieux. Il m'a fallu attendre cinq ans après sa mort pour trouver en la personne de mon beau père, un traducteur digne de confiance.
  • Banh Xeo: crêpes fourrées à la mode de Saigon
Et plein d'autres encore. Stay tuned!
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