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J’ai toujours vécu la cuisine comme une expérience sociale: on cuisine pour les autres, pour les siens et pour soi, et on s’enrichit mutuellement des moments de vie ainsi créés. Et ce qui est vrai chez soi l’est encore davantage lorsque l’on traverse le monde, avec dans ses bagages son héritage culinaire. Et de ce point de vue, avec ce sang Lao, ce sang vietnamien, cette éducation en France, j’étais plutôt bien pourvu pour cette expérience. J’aime manger, découvrir et partager d’autres goûts, et l’objet de ce blog est de poursuivre ce partage.  
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dimanche 7 septembre 2014

Première vidéo de chasse sous marine sur l'Île de Houat - août 2014

En cette rentrée 2014, c'est décidé, je vais mettre un peu plus d'application dans la rédaction de nouvelles recettes. Encore une fois, ce n'est pas tellement que je cuisine moins, au contraire, mais c'est plus que l'occasion de voir coïncider la préparation d'une nouvelle recette, la disponibilité du temps nécessaire pour prendre les photos et les retravailler, le temps pour rédiger le billet, bref, ces occasions ont été plus rares. Mais je vais prendre le temps. Et puis je me suis dit que je vais ouvrir deux nouvelles rubriques: la première qui m'a été demandée depuis fort longtemps, décrira les ingrédients de la cuisine asiatique, les produits, les marques, les conditionnements et les boutiques on et off-line où les trouver. La deuxième décrira les restaurants où j'aime bien manger, et uniquement ceux-là.

En attendant la concrétisation de cette nouvelle résolution, je vous propose une petite vidéo que j'ai tournée pendant mes vacances sur l'île de Houat. Elle précède logiquement la recette de Carpaccio de mulet au vinaigre fumé japonais, empruntée à mon restaurant préféré :Le Baratin, rue Jouye-rouve. J'ai monté sur mon arbalète une caméra GoPro en prévision de mes chasses d'hiver en Thaïlande, et j'ai voulu la tester en Bretagne. Le résultat est bluffant, car on arrive réellement, je trouve, à capter l'essence de la chasse sous-marine.

Il s'agissait de ma première sortie avec la GoPro, et ce jour là, j'ai été gâté avec deux dorades et un mulet en deux heures de temps.

dimanche 26 mai 2013

Carpaccio de bar au vinaigre fumé japonais


Note : Voici un billet rédigé il y a quelques mois, mais que je n'avais pas publié, faute de photo pour l'illustrer. Or à l'occasion d'une très belle soirée d'anniversaire (celui de ma femme) hier, j'ai enfin pu mettre en boîte une photo d'illustration à la hauteur de cette recette que je tiens de Raquel du Restaurant le Baratin.
Quelques mots à propos d'hier soir : parti sur l'idée de reproduire ce somptueux festin dégusté dans un bar à Tapas de Séville, j'ai littéralement dévalisé la poissonnerie Daguerre Marée. Si je n'ai finalement pas eu les suppions commandés, en revanche, j'ai pu aligner : tartare de saumon à citronnelle, plancha de palourdes, crevettes sautées au persil plat, tartare de Bar au vinaigre fumé japonais, seiches à la plancha et asperges vertes à la plancha. Qui plus est j'ai appris un truc fabuleux à la télé l'autre jour : pour la cuisson des seiches, il faut démarrer à froid sur la plancha et ne pas saisir la seiche. La différence est énorme, et pour la première fois, nous avons eu des seiches ultra-tendres et goûteuses.

Août 2012 - Un mois que je suis revenu de l'île de Houat et malgré nos efforts désespérés pour en prolonger la magie, il faut bien se rendre à l'évidence : les vacances sont bel et bien finies et nous sommes dans la rentrée jusqu'au cou. A bientôt donc François, Anne, Pauline, Paul, Grégoire, Gérard, Brigitte, Paul, Bertrand, Hélène, et tous ceux qui habitent trop loin de nos sphères pour se voir pendant l'année, nous nous reverrons l'année prochaine.

Cependant il me reste encore une chose à faire avant de tourner la page (jusque l'année prochaine) : la restitution de ce qui fut le point d'orgue de ces soirées gastronomiques bretonnes : les carpaccios de poissons fraîchement  pêchés au vinaigre fumé japonais.

Raquel  sert en effet au restaurant "le baratin" un fabuleux carpaccio de mulet ou de bar (suivant le marché) qui se trouve être le plat préféré de mon petit dernier.  Le vinaigre ta su zo est un vinaigre de riz fumé aux morceaux de bonites séchées. L'importateur unique en est le workshop Isse à paris dans le 8eme.  Alors en prévision des parties de chasse sous marine, j'avais été la voir juste avant mon départ et très généreusement, elle en partagea avec moi la recette,  poussant la dilligence jusqu'à me recommander auprès de l'importateur de ce produit unique et précieux et bénéficier des tarifs Professionnel.  Ce n'est pas la vocation de ce blog que de donner des recettes utilisant des produits hyper rares ou hors de prix, mais franchement, ce plat est si fabuleux qu'il lui faut passer à la postérité.
Ainsi donc, 17 jours durant, au gré de ma chasse du jour j'ai pu tester cette recette avec des mulets (de roche), du bar, du lieu jaune et de la dorade. (photo ci-contre : une royale de 4 kg sortie par mon buddy Bertrand.), et régaler mon petit Tom de son plat favori. Le summum fut atteint lorsqu'un soir, revenant de chasse avec 10 kg de poisson à la ceinture je pu régaler les 17 convives de ce plat magique.

Dorade de Bertrand 4 kgs

Ingrédients

  • filet de bar, lieu jaune, mulet de roche ou dorade royale (dans cet ordre de préférence)
  • une cas par assiette de vinaigre ta zu do
  • 200gr de framboises bien mûres ou 2 pommes bien sucrées 
  • huile de pépins de raisins 
  • ciboulette
  • sel et poivre

Préparation

  1. si le poissonnier ne l'a pas fait, lever les filets
  2. Avec une pince à épiler, ôter les petites arêtes centrales qui dépassent 
  3. émincer  les filets sur leur hauteur, en tranches de 2 mm. Elles n'ont pas besoin d'être trop fines
  4. disposer les tranches de poisson sur une belle assiette
  5. saler et poivrer les filets
  6. remplir une cuillerée à café de vinaigre ta su do, et arroser doucement les morceaux de poisson au goutte à goutte 
  7. émincer la ciboulette et petits tronçons de 1mm et en disperser une ccf sur les filets
  8. arroser d'un filet d'huile de pépins de raisins
  9. disposer sur l'assiette les tranches de pomme (1 MM. D'epaisseur) ou quelques framboises pour avoir une note sucrée. Si vous avez émincé la pomme très tôt dans la recette, je vous conseille de la mouiller légèrement au jus de citron jaune ou vert pour l'empêcher de noircir
  10. servir

Notes : 17 jours de chasse sous marine j'ai du vider mon quota de poisson. La préparation est extrêmement simple et je pense que c'est toujours une bonne chose d'apprendre à lever les filets soit même.
En complément de cette recette, voici comment je procède pour lever les filets.  Au préalable il faut un bon couteau avec une lame assez épaisse mais surtout très coupante.
  1. commencer par écailler les poissons en grattant avec un couteau bien tranchant dans le sens inverse des écailles et a angle droit par rapport à la peau. 
  2. inciser l'anus avec la pointe du couteau et remonter jusque sous les ouïes. 
  3. Avec les doigts, arracher tout ce qui est à l'intérieur et le jeter. Bien laver. 
  4. Personnellement je mène ces opérations avant de sortir de l'eau, d'une part parce que je nourris les poissons et les mouettes mais également, l'eau iodée raffermit la chair des poissons. Enfin c'est quand même plus propre ainsi. 
  5. avec des ciseaux, découper les nageoires
  6. opérer une incision. En diagonale derrière les ouïes et vers le ventre. 
  7. poser le poisson sur le plan de travail, et inciser avec le couteau bien horizontal le long de la dorsale en partant de la tête et en remontant vers la queue. Procéder par incisions progressives  de plus en plus profondes, jusqu'à rejoindre les arêtes centrales. 
  8. pour avoir de jolis filets, découper le bord de la région centrale inégale. 
  9. avec une pince à épiler (j'en ai acheté une très large spécialement pour ça), ôter les arrêtés restant au centre (en fonction des poissons)
  10. Pour enlever la peau, poser à plat le filet, et en partant du bout le plus mince, inciser avec le couteau à plat entre la peau et la chair, et en tenant d'une main la peau, remonter le couteau sur toute la longueur du filet. Vous obtenez alors un magnifique filet de bar, mulet ou lieu jaune.

vendredi 1 avril 2011

Civette à la mode des Hmongs (posté un 1er avril)

Le fine équipe sur la ligne de départ
Mise à jour du 2 avril 2011 :

J'ai l'impression d'avoir fait un four, car personne ne semble avoir noté qu'il s'agissait d'un poisson d'avril. Les photos sont véridiques, l'aventure fut mémorable, mais suite à ces repas en conditions extrêmes, nous nous sommes promis que la prochaine fois, nous ferions la cuisine nous-même . Et la suite du voyage nous permis de goûter quand même quelques bonnes spécialités Hmong, qui produisent un poivre extraordinaire, soit dit en passant.


Voici un petite recette ramenée  d'un de mes épiques voyages, ces quinze jours passés en pays Hmong, au nord du Laos avec François et Lolo il y a deux ans. J'avais l'idée de ce post depuis quelques temps déjà, mais je cherchais l'occasion parfaite, et la date d'aujourd'hui me semble appropriée et de circonstance.

Nous étions en vadrouille du côté de Xieng Khouang avec François et Lolo, quand nous tombions par hasard sur un vieil ami Hmong qui nous invita fort opportunément à une virée en montagne , une partie de chasse au sanglier sauvage à la Kalachnikov. La suite fut hautement mémorable, une semaine dans la jungle Lao, suivie d'une semaine de moto à traverser les reliefs montagneux de la région, passant d'un village à l'autre sur nos trois 250cc sur fond de paysages fabuleux.


On a mouillé la chemise pour vous rapporter cette recette
C'est du cœur de la très vivante jungle du Laos que je vous ai ramené cette "belle" recette, la Civette à la mode Hmong.

Le plus dur est évidemment de trouver la civette, ce petit chat sauvage dont les couilles font  le régal des parfumeurs pour sa production de Musc. Plusieurs solutions : les poubelles des parfumeurs, le rayon gibier exotique de Monoprix, et la partie de chasse.

Voici à quoi ressemble l'animal.
... une odeur très forte, avec des relents
d'excréments, mais une fois dilué il dégage une odeur de musc et de fleur. (wikipedia)

Ingrédients pour 4 personnes

  • Une belle civette bien fraîche de 2 kilos, non pelée, non dépecée
  • 8 cas de gros sel
  • 2 cas de poivre de Xieng Khouang, très réputé, ou à défaut un poivre de Sechuan fera l'affaire
  • Une belle tige de bois d'arbre fruitier
Comme on peut le constater, les ingrédients sont très peu nombreux et peuvent aisément être réunis pour improviser un bon dîner ethnique authentique.

Préparation (la suite en image, je peux pas résister)

1 - Faire un joli feu de bois d'arbre fruitier
2 - Sans la vider, sans la peler,
embrocher la civette sur la tige
3- Cuire la bête à même le feu
4 - Une fois la cuisson achevée (la bête est noire),
et le rôti bien lisse et la peau croustillante


5 - Avec une autre tige, gratter les résidus de poils brûlés

6- Ôter et réservez les abats.
Saler/poivrer abondamment en massant la viande
7 - Ouvrir en deux la carcasse, réintégrer
les abats pour un service élégant (yummy)

Service

La plaisir de la table c'est aussi une belle table, dans le ton des plats à servir.

En l'occurrence, nous avions choisi le thème de la jungle
Un dîner parfait entre amis - à la bonne franquette
Pour un effet maximal, il convient d'avoir un menu qui, allant crescendo, conduise tout naturellement à ce plat délieux et raffiné.

Nous avions donc en entrée :


et en dessert, pour couronner le tout, des intestins d'oiseaux fourrés en brochette :

Pour le côté authentique, les intestins sont servis à même le bois
Reste à savoir, quelle boisson pour accompagner ces mets délicats ? Surtout si l'on se projette dans la jungle Lao, où les épiceries son assez rares.

Bon, autant le dire tout de suite, il faut un alcool assez fort, pour déguster ça. Fort en goût, fort en alcool. L'idée c'est d'être bien imbibé avant de passer à table si vous voyez ce que je veux dire...

Et là, fort heureusement pour nous, Lolo avait amené de quoi faire: quelques bouteilles de sa production personnelle : le vin de fruits signé Laurent Séverac. Bon on ne le trouve pas partout, mais en tous les cas, nous on en avait pour se faire tous les soirs, le "Moment Séverac".

La photo a aussi été prise à Xieng Khouang chez Sanya

 Mais en situation, ça donnait plutôt ça :

L'instant Séverac avec le Chef du village -
Qui a mis du temps à s'en remettre


D'ailleurs il n'a pas vu que François avait pris sa place aux côtés de sa femme!
Du coup, on y est tous passés.

 Et vous, vous mangez quoi ce soir ?

vendredi 18 mars 2011

Chasse sous marine en famille à Ko Yao Noi


Papa chasse, pendant ce temps, Tom pêche à la ligne
Près de 2 semaines que je suis rentré à Paris avec toute la petite famille, et si je veux poster un billet de debrief sur les vacances, je me dis que c'est aujourd'hui ou jamais, vu la vitesse à laquelle le quotidien parisien oblitère le souvenir de ce séjour enchanteur.

Près de 15 jours en Thaïlande donc, en mer Andaman, près de quinze jours sans appeler le bureau, un record. Une semaine à Ko Phi Phi, dans l'expression bruyante, continue et très hormonale de ces jeunes farangs (étrangers en Thaï), frappés de soleil, en quête de mer, de musique, de beuveries, de conquêtes, mais qui auraient presque oublié qu'ils sont quand même en Thaïlande, sur une île musulmane qui plus est.
J'y ai retrouvé Sak, un copain de 20 ans, qui m'a sollicité pour mettre en pratique mes études de télécoms et installer sur les hauteurs de Ko Phi Phi, un amplificateur pour le relais radio d'alerte radio anti-tsunami. L'idée c'est que les insulaires ne font pas confiance au gouvernement pour lancer les alertes, et que les commerçants de l'île ont donc financé leur propres réseaux : un pour la police touristique, et un pour la police régulière. Cela m'a beaucoup amusé de jouer les Mac Gyver au dessus de Koh Phi Phi, à invoquer les souvenirs épars des polycopiés que j'avais survolés à l'époque de mes études. Mais enfin, cela a marché, et aujourd'hui, ils émettent à 300 watts et le cas échéant, l'alerte sera lancée plus vite. Quant aux problèmes résolus en haut, cela relevait plus de l'électricité en situation extrême (transport de 8 batteries de 80kgs, humidité, puissance, et ... les singes).

Beaucoup, beaucoup de monde à Ko Phi Phi
Cela dit, voir ce qu'il est advenu de Ko Phi Phi me désole. C'est comme une ambassade (en plus fun) comme si les farangs avaient recréé un morceau d'occident en Thaïlande. Rien que des farangs, sur la plage, dans les bars en tant que clients (jusque là rien que de très normal), mais également de l'autre côté du comptoir, comme restaurateurs, serveurs, instructeurs de plongée, Gentils Organisateurs et animateurs de soirée. Bref, Spring Break tous les soirs, avec la drogue en moins (les jeunes qui déambulent, à part l'alcool m'ont l'air quand même relativement sains). Plus grave, en trois ans, les gros poissons de roche on carrément disparus des eaux claires de Ko Phi Phi. Il y a trois ans, juste après le Tsunami, on trouvait des Red Snappers, des Mérous, des Sweet Lips en pagaille, et aujourd'hui, ne subsistent que les pélagiques (poissons de haute mer) et semi-pélagiques (carangues, barras, Spanish mackerels, etc.). D'après Sak, la raison en est que devant l'affluence de touristes, les Thaïs des Dive Shops empruntent les bouteilles d'oxygène pour aller chasser au harpon et ainsi arrondir leur fins de mois. Du coup, seuls les poissons itinérants sont encore présents.

Les enfants ayant à peine fini leur instruction PADI, nous avons vite laissé derrière nous la rumeur bruyante de ces jeunes en goguette, et embarqué toute la petite famille sur le Long Tail de Khun At (un natif de Ko Yao Noi avec qui j'avais chassé toute la semaine), pour, deux heures plus tard, accoster directement à Ko Yao Noi, (attention, je le déconseille en basse saison car la mer y change très vite).

Un endroit magique : http://www.koyaobay.com - merci Phi Jo
Ah, les paisibles et luxueuses villas de Phi Jo (80m2 each) pour un séjour sportif en famille. Retrouvailles avec Georges, avec Sam et Clara aussi. Retrouvailles avec Ban Yad (le capitaine qui renifle le poisson comme un sorcier et m'en fait profiter depuis près de 10 ans), parties de chasse avec Azip (dès qu'il avait un trou dans son planning ), rencontre avec le sympathique Olivier le nouveau GM, et surtout, enfin, des eaux poissonneuses, même si très peu claires. (Nous avions quatre jours d'avance sur la lune).

15 jours de mer, levé tous les matins à 6 heures pour 7 heures (au minimum) de chasse sous marine quotidienne, ça vous refait un homme, et sans jeu de mots, je tiens une pêche d'enfer!!

Joli sweet Lips
Un des meilleurs poissons des environs : la carpe rouge

Mes flêches ont transpercé Barracudas (pla Sak), carpes rouges (Pla Kapong Deng, Carangues (Pla siak), Sweet lips (Pla Wat) qui ont immédiatement été partagés avec les clients du Resort. J'ai aussi croisé la Giant Trevally de ma vie, un monstre de plus de 10 kilos qui n'a pas fini de hanter mes nuits d'insomnie:

Ban Yad m'avait dit que ces Pla Mong (nom vernaculaire pour les Giant Trevally) adorent rentrer et sortir des cavernes sous marines. Alors, au lieu de me poster en agachon devant les grottes, je me suis laissé couler au fond de la crevasse côté île, pour, au bout de quelques temps, doucement me rapprocher de la sortie de la grotte, et attendre patiemment le poisson, caché derrière une opportune gorgone (pour ceux que ça intéresse, le spot c'est Ko Lao Hiem, et ci-dessous, la carte au trésor).
Et là, mes amis!!!! au bout de quelques secondes, alors que je me trouve camouflé par des milliers de petits poissons qui virevoltent autour de moi, je devine plus que je ne vois, ces trois monstres qui tournent et se retournent, happant à chaque virage le menu fretin entre leurs dents acérées. Un Pla Mong particulièrement téméraire vient même faire défiler sous mes yeux grands ouverts, toute la longueur de robe bleutée. Hélas, trois fois hélas, le fusil de 75cm (autant dire un fusil à bouchon sur des bestioles de cet acabit) que m'avait laissé la carangue croisée quelques minutes plus tôt avec Azip, et qui coupant le fil de ses redoutables nageoires caudales, s'en était allé emmenant pêle-mêle, bas de ligne, fil et flêche, bref, ce fusil n'était vraiment pas à la hauteur de l'enjeu. La giant Trevally évita tranquillement ma flêche, et s'en alla après une dernière pirouette. Mais quelle rencontre inoubliable! 
Azip, mon frère de chasse
Ce n'est qu'à la suite de cette magnifique rencontre que j'ai demandé à Ban Yad d'assembler mon bazooka personnel, mon TeakSea en bois d'1.50m, doubles sandow, cordage en nylon, mais peu maniable, et qui était resté sur le bateau faute de flêche adaptée. Mais j'ai quand même pu le dérouiller sur deux magnifiques Sweet Lips Pla Wat ou Pak Men (littéralement, qui poisson qui pue de la gueule).

Une matinée fructueuse avec Azip

Fort heureusement, ma pugnacité (légendaire) qui me tenait dans les eaux sombres malgré la nuit tombée, m'a permis, lors de la dernière chasse, la dernière apnée, de rencontrer une autre carangue, un pla Siak de 4 kgs qui après un rodéo épique, m'a permis de remonter fièrement sur le bateau, et récolter auprès de mes enfants ébahis, la juste gloire paternelle. Ma femme a immortalisé ce moment de gloire inoubliable dans une petite vidéo que je ne résiste pas au plaisir de partager avec vous. Les enfants ont passé leur PADI, le petit dernier (4 ans) a affirmé son pied marin (7 heures de bateau sans broncher) et s'est exercé au maniement du couteau sur les pauvres poissons remontés à la canne à pêche, à la traîne ou au fusil.





Comment accéder au statut de héros aux yeux de ses enfants ?
(mais bon, ça dure pas...)


Naissance d'un chasseur
Quant au cadet, s'il arrive à dépasser sa peur des méduses, serpents et autres bestioles qui font que la mer est la mer, il sera un redoutable chasseur vu ses perfs physiques et son mental de chasseur. L'aîné sera lui, plutôt un apnéiste Zen et pacifiste, qui contemplera le spectacle merveilleux des récifs de corail.









En tous les cas, toute la petite famille a bien profité de ce séjour, et encore merci à Georges, Olivier, Azip, Ban Yad, Bi, guilhem qui nous ont rendu ce séjour aussi enchanteur. Ah oui, côté papille, j'ai ramené quelque curry de Ko Yao pas piqués des vers, et j'ai découverts quelques plats très succulents. D'ailleurs, la photo ci-dessous, c'est un des filets prélevé sur ma carangue préparée avec de la citronnelle débitée façon cheveux, rendue croustillante par un bain d'huile dans lequel on la plonge avec du basilic thaï.

Le barracuda, tout juste pêché peut être très savoureux également :

Les Thaïs restent pour moi, parmi les meilleurs préparateurs de poisson (aïe, le souvenir de la dorade royale dégustée dans la paillotte de Sète avec Gabriel me rappelle à son souvenir du fond de mon gosier).

Voilà.

Souvenir ensoleillé, aventures magnifiques, comme j'ai hâte de reprendre le fil de ses vacances. Mais pour cela, on va travailler un peu maintenant.

Quelques photos de famille:

Un moment parfait

Papa dauphin à Moo Sang

Les enfants pêchent à la traîne et attrapent un wolf Herring

Place très convoitée sur le bateau
Une gueule d'ange

dimanche 28 mars 2010

Retour de vacances



J'ai un peu laissé en friche mon blog ces derniers temps, et pour cause, j'étais en vacances. Une belle virée de 15 jours en asie (Laos et Thailande) avec mon pote Gabriel (toujours interéssant qui plus est d'avoir un médecin avec soi quand on s'adonne aux vacances auxquelles je m'adonne).

Ceci dit, concernant la cuisine, j'en ai ramené quelque chose :
- une très bonne adresse de cuisine Esarn (donc lao) à Bangkok : Tiap Esarn dans Soy Rang Nam près de Pattunam
- quelques photos des merveilles de ce qui est pour moi le meilleur restaurant lao traditionnel au Laos (Kham Bang sur le bord du Mékong)
- et par ailleurs, un très bon salon de massage Phen Bo Lan (traditionnel) toujours près de Pattunam.

J'ai fait un album des plus jolies photos sur Picasa

Bangkok : Retrouvailles avec les potes, parties de billard endiablées, très bons gueuletons, et pas mal de Gin Tonic quand même.



Pour une fois que nous avions le temps, nous nous sommes offerts le luxe de partir au Laos en train, 20 ans que cela ne m'était pas arrivé. Tout d'abord parce que ce train est impayable d'authenticité et de dépaysement, ensuite parce qu'on y mange un des très bons Tom Yam Cung de la ville, et qu'enfin, traverser la campagne nord thaïlandaise au petit matin est un régal pour les yeux et pour le cœur. Pour l'anecdote, nous avons raté le départ à Hua Lump Phong, et nous avons donc pris un taxi pour tenter de le rejoindre à Sam Sen. Le ratant encore de quelques minutes, j'ai discuté avec le chef de gare, qui a tout simplement par radio, demandé au train de s'arrêter pour récupérer les 2 énergumènes retardataires. Et bien le train, avec ses quelques 500 passagers ont attendu une demi-heure que le taxi le rattrape et que nous montions enfin à bord. Y'a qu'en Thaïlande non ? (avec un TGV à 375 km/h, sûr qu'on l'aurait pas rattrapé).


Ensuite, une semaine à Vientiane à retrouver tous les potes, a enchaîner gueuleton et ballades en moto. Une virée épique en Baja 250 pour monter sur le Phou Khoua Khwai, et faire le tour du lac sur la "piste" en une journée. Crevant, mais magnifique. Et au sortir de la piste, une bien agréable surprise : un Tam Som (salade de Papaye) pioché au hasard sur le bord de la route se révéla magnifique (mais très relevé). Nous avons pu loger dans un des hotels de la famille sur le bord du Mékong (Vansana Riverside) qui possède de très jolies et spacieuses chambres avec vue sur le Mékong.




Voici les quelques merveilles du restaurant Kham Bang :

le poisson grillé

Le Lap de Boeuf (avec un zeste de bile)

Sans oublier les magnifiques cailles grillées

Après Vientiane, nous avons réussi en un après-midi seulement à rejoindre Bangkok puis Phuket et enfin Ko Yao Noi. Certes, Azip a du chercher un peu pour trouver le navigateur expérimenté volontaire pour faire le trajet Phuket-Ko Yao Noi de nuit. Mais cette sortie de Phuket en pleine nuit sous une superbe voute étoilée fut magique.

Rien de mieux pour caler l'estomac avant une chasse,
qu'une assiette de riz avec du poulet au basilique







Une fois à Ko Yao Noi, ce fut un régal : régal que de retrouver Georges et Azip, régal de tranquillité dans ce paradis sur terre, régal pour les yeux que de se réveiller tous les matins dans ces magnifiques villas (chaque villa fait 60m2 et possède sa propre sala (terrasse)), régal pour les chasseurs sous-marins que nous sommes (20 kilos de matériel par personne) puisque Gab a battu son record en mérou, et moi en carangue et en barracuda. J'ai pu tirer tous les poissons que je cherchais : Barracuda, Carpe rouge, Carange GT, et Mérou, ce qui fait que lorsque Gab m'a demandé de ne pas me remettre l'eau le 5ième jour vu le diamètre et la couleur de mon genou, je n'ai pas trop râlé. Régal aussi parce que chez Jo, la bouffe c'est du sérieux, et qu'on y mange sacrément bien. Bi m'a même fait le plaisir de me faire cuisiner du Porc sur cette île pourtant musulmane.

Pour finir, quelques images de ce lieu magique conçu et construit par Georges :








Le site du resort : http://www.koyaobay.com
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